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Eaux de surface et côtières

La poursuite d’une surveillance coordonnée et le renouvellement de la coordination avec les nouvelles connaissances sont indispensables à la poursuite de l’amélioration de l’état des masses d’eau. La qualité des eaux du district international de l’Escaut reste en effet encore insuffisante. La surveillance coordonnée mises en œuvre par la Commission Internationale de l’Escaut permettra de mieux quantifier les incidences transfrontalières et leurs sources, afin d’affiner les priorités et de cibler ensemble des mesures.

Une qualité insuffisante des eaux

Qualité insuffisante des eaux de surface

Depuis l’adoption de la Directive cadre sur l’eau (DCE) en 2000, les acteurs de l’eau n’ont cessé de renforcer la coordination visant à améliorer la qualité des masses d’eau. Leur état a ainsi progressé, de même que la connaissance partagée et la compréhension mutuelle de ces milieux et des pressions qu’ils subissent. Cependant malgré les efforts importants de toutes les Parties pour réduire la pollution, la qualité des eaux du District de l’Escaut reste insuffisante du fait des fortes pressions anthropiques et partiellement historiques dues aux ménages, à l’agriculture et à l’industrie. Les causes principales de cette mauvaise qualité des eaux concernent un excédent de nutriments, la teneur en oxygène dissous ainsi que la concentration de certaines substances menaçant l’environnement (micro- polluants métalliques et autres micropolluants, HAP, PCB, pesticides et substances émergentes).

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© VMM

Dans le district de l’Escaut, une grande partie des masses d’eau de surface et des aquifères est touchée à des degrés divers par les pollutions diffuses, qu’elles soient d’origines agricoles, urbaines, historiques ou autres. Par exemple, l’utilisation d’engrais minéraux ou de fertilisants organiques peut être une source de contamination des eaux par l’érosion des sols, le ruissellement, le vent, les infiltrations dues aux pluies, etc. La dégradation des berges, l’accès non maîtrisé du bétail aux cours d’eau contribuent également à dégrader la qualité des eaux. Dans le district de l’Escaut, les événements extrêmes tels que les pluies d’orage survenant sur des zones fortement urbanisées et l’extension de l‘habitat dispersé, sont aussi des facteurs importants de pollution des eaux.

Depuis quelques années l’ensemble des états et des régions riverains ont initié des plans de gestion de l’azote et de réduction des pesticides mais la pollution de certaines masses d’eau, en particulier les eaux souterraines, continue à augmenter.

La gestion de ces pollutions diffuses constituera dans le district de l’Escaut l’un de ses plus grands défis. Un échange entre les Parties sur les pratiques et les connaissances en la matière sera poursuivi. La coordination de la protection des ressources et des milieux aquatiques pourrait être renforcée par des mesures cohérentes de part et d’autre des frontières.

Les eaux côtières, un autre enjeu important du district de l’Escaut

Suite à la forte pression anthropique sur le littoral du district de l’Escaut, les qualités physico-chimique et biologique des eaux côtières et de transition sont insuffisantes. A cause des multiples incidences, une forte coopération régionale, nationale et internationale est nécessaire ainsi qu’une cohérence dans la mise en œuvre de la directive cadre sur l’eau (DCE) et de la directive cadre stratégie marine (DCSMM).

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© Nathalie Klasen

Préserver et/ou restaurer les milieux littoraux et les eaux marines ainsi que les zones protégées associées fait partie des enjeux importants du district. La croissance du tourisme littoral, des usages d’eau côtière (loisirs, transport et énergie), ainsi que l’élévation du niveau des eaux marines due au changement climatique auront des impacts forts sur le littoral côtier. Ces impacts seront visibles en matière de pollution, de la qualité des eaux de baignade, d’érosion, de risques de submersions, d’intrusion saline dans les aquifères côtiers et les écosystèmes littoraux. Les impacts en matière de déchets flottants, de libre circulation des poissons et d’eutrophisation avec les phénomènes d’efflorescence algale ont également tendance à croître. Il est important de coordonner les efforts d’adaptation au changement climatique avec ceux des directives cadres (DCEDCSMM) pour atteindre le bon état des eaux côtières et de transition.

Le travail de la CIE en faveur la qualité des eaux de surface

Les groupes de travail autour de la qualité des eaux de surface

Le travail de coordination de la caractérisation, du suivi de la surveillance et des actions menées en faveur de la qualité des eaux souterraines s’organise au sein de groupes de travail. Pour les eaux de surface on distingue actuellement les groupes suivants :

Le groupe de travail « Monitoring – réseau de mesures homogène de l’Escaut (RHME) » s’intéresse à la fois aux eaux de surface et aux eaux côtières. Comme son nom l’indique il prend en charge la coordination de la surveillance et la rédaction des rapports sur la qualité des eaux de surface : rapports annuels et rapports triennaux.

Les aspects spécifiques poissons et hydrologie (en ce compris les questions de sécheresse et d’inondation) sont pris en charge par des groupes de travail spécifiques. Les fiches de coordination eaux de surface sont actuellement mises en place et suivies par le groupe de travail coordination. Enfin, les questions liées aux pollutions accidentelles sont abordées par le groupe de travail du même nom.

Les fiches de coordination Eaux de surface

Pour assurer une meilleure cohérence de part et d’autre de la frontière et une plus grande efficacité des programmes de mesures des Parties, une connaissance et une compréhension partagées sont nécessaires. C’est pourquoi, au sein de la CIE, les Parties ont réalisé des grilles/fiches de coordination bi- ou trilatérale.

Pour la DCE, ces documents comprennent principalement pour chaque masse d’eau frontalière (eaux de surface et eaux souterraines) :

  • leur caractérisation (description et localisation);
  • leur état chimique et écologique (eaux de surface) et l’état quantitatif et chimique (eaux souterraines);
  • leurs objectifs environnementaux ;
  • les programmes de mesures les concernant

Dans le cadre de la coordination internationale de la DRI au sein de la CIE, des fiches ont aussi été réalisées sur les cours d’eau transfrontaliers.

Cartographie

Outre le rapportage national et les informations collectées pour l’UE, la cartographie à l’échelle du district est l’outil principal pour une analyse et une coordination cartographique transfrontalières. Les cartes ont notamment été produites pour donner un aperçu de l’évolution des pressions.

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Le réseau homogène de mesures de l’Escaut (RHME)

Le Réseau Homogène de Mesure de l’Escaut (RHME) est un réseau de mesure de la qualité des eaux de surface sur l’ensemble du district hydrographique international de l’Escaut.

Il vise à améliorer les connaissances sur la qualité des eaux de surface dans le district hydrographique de l’Escaut et répond à un principe fort de la directive cadre sur l’eau (DCE) et de la directive risques d’inondations (DRI) en termes de coordination internationale.

Les points de mesure historique, dès 1998, au nombre de 14, étaient tous répartis sur le cours principal de l’Escaut de la source à l’embouchure.

Le réseau de mesures homogène de l’Escaut (RHME) a ensuite été entièrement revu pour d’une part s’adapter aux exigences de surveillance de la qualité de la DCE et d’autre part pour donner une vision coordonnée de la qualité des principaux cours d’eau transfrontaliers du district de l’Escaut. Les stations du Réseau de mesure historique ont été maintenues et il a été ajouté des stations sur les affluents principaux et des stations d’intérêts transfrontaliers. Le nombre de stations suivies pour le Réseau Homogène de Mesure de l’Escaut est, entre 2014 et 2016, de 37 stations de mesure.

L’ensemble des points de mesure RHME retenus a été choisi au sein des réseaux de surveillance déjà existants et mis en œuvre par les différentes parties au titre de la Directive Cadre sur l’Eau.

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Les points de mesure choisis pour le RHME sont représentatifs de la situation à l’échelle du district de l’Escaut, ils permettent d’avoir une vision harmonisée et transfrontalière de la qualité des eaux de surface du district international de l’Escaut. Les points particuliers et évolutions plus fines sont traités par chacune des Parties dans leur plan de gestion.

Le RHME doit permettre de répondre aux questions suivantes :

  • Quelles sont les tendances et évolutions ?
  • Leurs causes ?
  • Les programmes de mesures et les plans de gestion des Parties sont-ils suivis d’effets mesurables ?

Les points de mesure choisis pour le RHME sont représentatifs de la situation à l’échelle du district de l’Escaut, ils permettent d’avoir une vision harmonisée et transfrontalière de la qualité des eaux de surface du district international de l’Escaut. Les points particuliers et évolutions plus fines sont traités par chacune des Parties dans leur plan de gestion.

Deux types de rapports sur le RHME de 2ème génération sont rédigés :

Un rapport annuel, qui reprend, dans sa forme actuelle, les paramètres historiques (uniquement physico-chimiques) et les points de mesure sur le cours principal de l’Escaut du RHME de première génération. Ce rapport permet de suivre sans discontinuité la qualité des eaux de l’Escaut depuis 1998.

Un rapport triennal, basé sur les cycles de la DCE, plus complet que le rapport précédent permet de suivre des paramètres pertinents de la Directive Cadre et les substances spécifiques de l’Escaut sur l’ensemble du district de l’Escaut. Ce rapport porte sur les paramètres pertinents suivant du district de l’Escaut :

  • Les paramètres physico-chimiques soutenant la biologie
  • Les paramètres biologiques
  • Les polluants spécifiques de l’Escaut
  • Les paramètres chimiques
  • Les débits d’étiage

Pour sa deuxième édition (2014-2016), le rapport triennal intègre également d’autres éléments de coordination de la surveillance au sein du district de l’Escaut, en particulier le Master Plan Poissons, les travaux de la CIE sur la qualité des eaux de surface et souterraines, ainsi que les observations du système d’avertissement et d’alerte du district (SAAE).

La première édition du rapport triennal de la qualité du district de l’Escaut couvrait les années 2011 à 2013. Il reposait sur les résultats du RHME de la seconde génération et des rapports annuels de la qualité de l’eau. Il examinait en détail les variations des concentrations des paramètres de qualité de la DCE et des substances pertinentes pour l’Escaut.

Autres actions

La note sur la réduction des nitrates d’origine agricole synthétise les échanges qu’il y a eu dans ce domaine au sein de la CIE.